Amphores magno-grecques

[Jean-Christophe Sourisseau]


La définition des production magno-grecques depuis l'époque archaïque est d'une démarche récente. Depuis de nombreuses années pourtant, rares sont les chercheurs de Méditerranée occidentale qui n'ont pas -toutefois rarement de façon explicite et argumentée- avancé l'hypothèse de la fabrication de conteneurs commerciaux dans telle ou telle cité grecque d'Occident (autres que Marseille, sur laquelle cf. A-MAS).
Sans refaire l'historique des recherches, il est tout de même nécessaire de reprendre les problèmes qui ont permis d'aboutir à la définition de cette série. En ce qui concerne les époques archaïque et classique, le problème principal tourne autour de amphores marseillaises anciennes dont la morphologie générale et la pâte sont difficile distinguer d'autres productions. C'est là le point de départ de la catégorie 'fourre-tout' des amphores 'ionio-massaliètes' ou 'de type massaliète'. Les études les plus récentes montrent que si une partie des conteneurs concernés sont bien de facture massaliète, une autre partie ne l'est pas. Même si pour le moment nous ne sommes pas en mesure de donner en référence des études précises et bien documentées attribuant à telle ou telle cité les amphores en question, nous pouvons en revanche communiquer ici les premiers résultats de nos propres recherches de terrain, elles-mêmes guidées par de multiples mentions bibliographiques dispersées. L'attribution à la Grande Grèce d'une partie des amphores de type corinthien B de Koehler n'intervient, pour le moment, qu'à titre d'hypothèse. En revanche, la fabrication occidentale des amphores 'de type massaliète' et/ou 'pseudo-Chiotes' retrouvées en Italie serait bien attestée. Nous n'entrerons pas dans le détail des centres producteurs si ce n'est pour préciser qu'ils sont vraisemblablement multiples (Campanie, Sicile, etc...). Les travaux en cours, menés sous l'égide du Centre Jean-Bérard (Naples) devraient aboutir dans quelques années à une synthèse collective sérieuse (typologie, centres de production, analyses chimiques et pétrographiques, diffusion). Précisons, pour conclure sur cette période, que l'état des connaissances ne nous permet pas de savoir si nous avons bien recensé la totalité des amphores magno-grecques archaïques et classiques. La suite des recherches nous l'apprendra.
Pour les périodes plus récentes (en particulier le IVe s. av. J.-C.), les travaux de C. Van der Mersch (1986) définissent de manière assez claire les conteneurs des cités grecques d'Occident. Encore une fois, les centres de production sont nombreux et encore difficilement identifiables avec précision. On sait que Locres fabrique ses amphores puisque les fours ont été fouillés et publiés (Barra 1989); à Métaponte et à Medma, des rebuts de cuisson ont été découverts (Van der Mersch 1986, 573); enfin, à Hipponion, des monnaies portent comme type de revers une amphore de transport (Van der Mersch 1986, fig. 4, a et b). Ces quelques établissements sont les seuls où la production soit clairement attestée. Ils ne représentent cependant qu'une faible part des cités fabriquant ce type de conteneur.
La filiation des amphores du IVe s. avec les gréco-italiques est évidente. Ces dernières productions sont traditionnellement étudiées à part (cf. A-GR-ITA), choix qui sera respecté ici.
Enfin, on a ajouté à l'inventaire des amphores magno-grecques un exemplaire d'amphore apulienne, un autre d'amphore de Brindes, qui, bien que plus tardives, se placent dans la tradition des productions grecques de l'Italie du sud.

Etudes régionales de référence pour les amphores magno-grecques

En général: Van der Mersch 1986. Pour l'Italie, Fratte: Greco 1990; Lipari: Cavalier 1985; Locres: Barra Bagnasco 1989; Pithécuses: Di Sandro 1986. Pour l'Espagne, épave 'del Sec': Cerda 1987, fig. 14.
Provence: épave de Plane 2: en dernier lieu Long 1990, fig. 30, 2 (1 exemplaire); épave de la Tour Fondue: en dernier lieu Long 1990, fig. 37, 1 à 3 (3 exemplaires); Marseille (Bourse): Bertucchi 1992, fig. 38, 1 à 4 (2 exemplaires).
Catalogne: Sanmartí, sous presse.

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